Flash back : Avril/mai 2003

Avant de se lancer dans l’écriture, il nous fallait bien entendu trouver une idée digne de ce nom.

En règle générale, une idée de film survient inopinément, puis tout le travail consiste ensuite à faire en sorte que cette idée puisse être réalisable... là comme c’était notre "première fois", on s’est dit qu’on allait plutôt faire l’inverse... non pas réaliser d’abord puis avoir l’idée après, mais plutôt faire une espèce d’inventaire de ce qu’on avait à notre disposition puis ensuite imaginer ce qu’on pourrait en tirer comme scénario... ça évite de se retrouver en plein milieu de tournage en se demandant, "bon alors, l’explosion censée raser la moitié du port de Dunkerque en emportant avec elle plusieurs bateaux qui traversent les immeubles environnant, on la fait comment ?"
En gros, sachant que pour notre baptême du feu on allait être forcément confronté à un tas de problèmes, on a essayé de simplifier la vie au maximum et on a donc dressé une petite liste de ce qu’on avait à notre disposition ainsi que des accessoires qui pouvaient être marrant.

Pour l’équipe artistique (soit les acteurs), on avait donc cinq personnes dispos pendant l'été (dont on peut retrouver les fiches détaillées ici)

le masque de chevalEn termes d’accessoires, on possédait une Mercedes, des flingues, un sabre et surtout il y avait ce masque de cheval acheté au japon qui nous faisait bien marrer. Ok le masque faisait masque, mais contrairement aux autres déguisements plus classiques, on trouvait qu’il avait la propriété de "déshumaniser" sensiblement celui qui le portait.

Ensuite, il nous fallait un lieu de tournage qui nous permette d’être tranquille sans avoir à négocier de quelconques autorisations. Les dunes de Dunkerque (contrée d’origine de certains membres de l’équipe) convenaient à tout point de vue à ce qu’on recherchait pour nos prises de vues.

En ce qui concerne l’équipe technique : On allait pouvoir bénéficier des compétences d’un pote cadreur professionnel ainsi que de sa super caméra (type DSR 500), un pote spécialisé en infographie pouvait nous faire quelques plans en images de synthèse et une amie monteuse allait pouvoir assurer le montage du court.
L’histoire s’est donc écrite autour de ces éléments tout en tenant compte de certaines de nos envies.
L’une d’entre elles étaient d’essayer d’inclure dans un film live une grammaire typiquement manga à l’aide d’effets visuels comme l’utilisation de traits de vitesse ou encore l’animation d’un rayon de lumière pour figurer les coups d’épée... L’infographie allait bien entendu nous être d’un grand secours pour ça.

Le manga étant synonyme de mouvement, toute la mise en scène serait donc en mouvement perpétuel, mécaniquement (divers travellings) ou optiquement (différents jeux sur la profondeur de champ). Le cadreur professionnel allait donc lui aussi nous être d’un grand secours.

ecriture du scénario d'hippocanthropyUn autre truc qui a eu son importance dans la rédaction du scénario, c'est que les comédiens n'étant pas pro, il était préférable de faire en sorte qu'il y ait le moins de dialogues possibles, il a donc fallu imaginer une histoire basée sur des situations "clichées" facilement compréhensibles par tous sans explication dialoguée. (en l’occurrence : le cliché des truands qui viennent se débarrasser d’un traître ou d’un individu gênant dans un lieu isolé)

Il y a quand même quelques répliques dans le court, mais on a eu recours à une astuce pour que ça passe sans qu'on questionne la qualité de jeu des acteurs.

Etant fan de Tokusatsu (toutes ces séries japonaises comme X-Or ou San Ku Kai nous ayant bercé dès notre plus jeune âge), on s’est également dit qu’une fois que le monstre serait révélé, on ne pourrait pas faire autrement que de basculer dans ce type d’univers. Le court serait donc en deux parties : une partie "sérieuse" (même si bourrée de clin de clin d’oeil) avec la mort de la joggeuse, l’arrivée des truands et une partie "Tokusatsu" dès la première rencontre frontale avec l’hippocanthrope... Le tout était de réussir cette césure improbable sans que ça choque, du coup on a essayé de donner le ton de cette rupture dès le générique de début, ou la musique inquiétante rythmant la marée est brutalement interrompue par la musique pop du walkman.

Donc même si le court n’était qu’un film amateur, un film de potes, censée à la base être une expérience pour voir si l’exercice nous plaisait vraiment ou non, on avait des intentions assez précises.

L'écriture n’a pas pris très longtemps, genre un jour ou deux.

Enfin il a fallu deux bons mois pour faire le découpage, le story-board et le plan de tournage, tournage qu’on avait décidé de faire en août 2003.